Dominique  LE DEAULT, médiatrice culturelle et coordinatrice du projet « mois de la petite enfance et spectacle vivant » à Très Tôt Théâtre, théâtre du Finistère pour l'Enfance et la Jeunesse à Quimper (Finistère)

De l'art pour les bébés !

Glitterbird Art for the very young (Théâtre Dunois, 14 octobre 2006)

Les courants de la création contemporaine en direction des tout petits

Le tour d’horizon de la création artistique en direction des tout petits que je vais vous proposer s’appuie sur spectacles auxquels j’ai assisté en France et en Belgique et sur des propos rapportés par les artistes que j’ai pu rencontrer à l'occasion de mon mémoire (*).  Aujourd’hui, ce festival en témoigne, il existe une grande diversité des propositions artistiques en direction de la « petite enfance ».

Depuis la 1er édition du festival Ricochets  (1992) - festival créé par Anne Françoise Cabanis à Marne-La-Vallée -  un grand nombre d’artistes se sont engagés dans la création « Petite Enfance ».

            Cette production soulève une première question : Un art spécifique pour un public spécifique ?

  Comme le soulignait Françoise Dolto, on peut parler de tout aux enfants.  L’enfant peut tout voir mais pas n’importe comment et c’est là, peut-être, toute la spécificité du spectacle pour la petite enfance.

A travers l'observation de différents spectacles proposés en direction de la petite enfance, on peut observer des points communs qui peuvent être liés à la perception du tout petit.  Ces caractéristiques communes sont intégrées dans le processus de création.  Elles n’ont pas la prétention de devenir des règles mais on ne peut nier néanmoins qu’elles influent sur le type de proposition artistique.

Ces caractéristiques quelles sont-elles ?

Au travers de quelques exemples, nous cherchons à démontrer que les propositions faites aux tout petits respectent certains critères liés à la notion du temps et à sa capacité d’attention.  La notion du temps est, chez le tout petit, différente de la conception des adultes.  Cette notion du temps revêt des aspects multiples et ce sont ces aspects que vont explorer les artistes.

1.1        La durée du spectacle : des formes courtes

 

La caractéristique commune aux formes s’adressant aux jeunes publics est la durée du spectacle et compte tenu de la capacité d’attention du tout petit, la durée moyenne d’une représentation est de vingt cinq à trente minutes.

Canto de Luna  est un spectacle à l’attention des tout petits de dix huit mois à trois ans.  Il a été conçu par Céline Schnepf et Jack Reinhardt au TJP de Strasbourg.  Ce spectacle est guidé par une unité de temps : la traversée de la nuit.  Le temps du spectacle est rythmé par les petits cailloux avec lesquels joue la comédienne tout en racontant de petites histoires dites en français et en espagnol.  Un spectacle à regarder et à écouter.

 

1.2               Le rapport au temps et son rythme:

Dans le spectacle créé par la Cie Skappa (Marseille) – Syncope - le personnage va essayer d’écouter le rythme des battements de son cœur et le spectacle est rythmé par ces battements de cœur qui sont amplifiés d’un point de vue sonore.   Dans ce spectacle, Isabelle Hervoet, la metteur en scène, met en évidence le rapport référentiel au  premier rythme du moteur de la vie, un rythme organique.

 

La notion de lenteur du rythme est importante : Pour Brigitte Lallier-Maisonneuve (Théâtre Athénor à St Nazaire) créer pour la petite enfance veut dire explorer le lieu de rencontre entre l’univers du tout petit et celui de l’adulte, de l’artiste, espace qu’elle nomme « résonance ».  Brigitte Lallier Maisonneuve a beaucoup fréquenté  les crèches, et a pu observer le rapport des bébés au temps qu’elle qualifie de « temps organique ».[1] Ce temps organique est défini par le temps de la respiration, un temps qui ne demande pas forcément à être rempli, un temps qui peut se suspendre et invite simplement à la présence.  Avec son spectacle  L’air de l’eau (également mis en scène et interprété par Laurent Dupont), la suspension du temps est un élément essentiel au déroulement des jeux avec l’eau, les pierres et le sable qui rythment le spectacle. Les gestes des comédiens sont lents permettant aux spectateurs d’observer les mouvements, de se suspendre au geste.

 

Terre, le spectacle théâtral pour les bébés mis en scène par Charlotte Fallon (Théâtre de la Guimbarde, Belgique) ne contient pas de parole, mais une musique qui respire au rythme de la vie et fait vibrer l’espace autour des sculptures qui vont peu à peu naître sous les yeux des spectateurs.  Le spectacle est lent, il prend le temps de la terre, le temps pour le sculpteur de façonner les personnages, les paysages de l’histoire… Des actions simples qui  laissent le temps pour les petits de découvrir et ressentir le spectacle (l’attente, la surprise de la découverte, le sourire,…).

 

1.3               Un espace scénique intimiste

 

Les spectacles petite enfance accordent également de l’importance à l’espace scénique et privilégient une relation scène/salle particulière : ce sont de petites formes, intimistes, garantissant une grande proximité.  Cet espace de proximité et d’intimité va favoriser l’attention de l’enfant  en l’impliquant à part entière dans le spectacle et va privilégier une intimité avec le public. L’espace scénique doit amener à regarder mais sans distraire l’enfant.

 

La nécessité de cette proximité va influencer l’espace de jeu, la position des corps, la taille des objets, les lumières, le jeu de l’acteur ou plus exactement, elle va obliger les créateurs à interroger la mise en scène, la scénographie, la dramaturgie du théâtre.  Dans le spectacle  Passages  de Brigitte Lallier-Maisonneuve, le regard de la comédienne, quand elle partage un pain avec les enfants, crée la complicité avec eux et une fois encore, la proximité devient un facteur d’émergence de l’émotion. 

Dans son spectacle Gribouillie, Francesca Sorgato, comédienne et metteur en scène de la Compagnie Lili Désastres, propose un personnage qui cherche en permanence à se situer, à délimiter ce qui l’entoure, à distinguer le dehors et le dedans.  Une sorte de « petit traité de l’espace » dont les tout petits intègrent naturellement les règles sans jamais chercher à franchir la séparation symbolique délimitée, dans ce spectacle, par le rectangle noir et blanc dans lequel évolue la comédienne.

1.4        La structure poétique :

Très souvent, les spectacles proposés pour les tout petits abandonnent la structure narrative d’une histoire. Les créateurs présentent des spectacles à forte composante émotionnelle qui échappe souvent à la narration « classique » telle que l’on peut la rencontrer dans le théâtre pour adulte.  Ils utilisent des contenus qui font référence plus à la symbolique, à l’émotionnel.  Cette structure narrative se présente sous forme de parcours offrant une expérience sensorielle et humaine au tout petit.

Pour Brigitte Lallier-Maisonneuve, « l’enfant est d’emblée dans la matière »[2]Cette matière va amener le jeune spectateur à faire l’expérience du spectacle en l’invitant à un parcours :  les spectacles proposés par le Théâtre Athénor : L’Air de l’eau, Passages ainsi que celui de la compagnie Lulubelle, Et Rond et Rond, Terre du Théâtre de la Guimbarde,  Gribouillie de la compagnie Lili Désastres ou encore Sable de la compagnie Mélimalo proposent des spectacles qui sont  des parcours liés à l’exploration des sens, du temps, du rythme…des parcours initiatiques.

Dans leur création Peloux et Peluchons (Cie IOTA - Belgique), les objets qui sont proposés sur l’espace de scène sont difficilement identifiables.  Pour IOTA, cela fait partie de la démarche de découverte : l’enfant ne peut identifier l’objet proposé, ce sont des accessoires bizarres, inconnus et ce n’est pas leur identification qui est importante mais leur attention.

Le toucher est pour l’enfant un des modes d’exploration du monde.  La deuxième partie du spectacle invite le public à toucher les tissus qui ont pris place dans le décor, le toucher des mains, des joues, de la peau devient alors un instrument de connaissance pour l’enfant.  Le langage abstrait employé chez IOTA va permettre à l’enfant non pas de reconnaître une signification précise mais a pour objectif, plutôt, de stimuler leur imaginaire proposant une perception plus intuitive.

 

De même avec son spectacle Sous la Table, la compagnie Acta d’Agnès Desfosses, invite les spectateurs à un parcours pour grimper, grignoter, toucher, écouter, ramper, regarder et …danser. 

Pour Agnès Desfosses comprendre ne détruit pas l’imagination au contraire.  Un exemple dans son spectacle Sous la table : des petites assiettes glissent toutes seules sur la nappe d’une table devenue océan : à tous moments les enfants peuvent lever les pans de la nappe et voir les comédiens manipuler des aimants et jouer.  « Montrer les moyens de la fiction peut devenir chez celui qui la vit, le moyen d’en créer pour lui même et pour les autres.  Cela ne peut que contribuer à enrichir ses capacités originales d’expression et de création, si essentielle dans la vie de chacun ».[3] 

 

            On peut dire que le spectacle vivant « petite enfance » est une expérience dont la structure natrative se construit tout au long du parcours proposé.

 

1.5           Un autre élément caractéristique qui émerge de ces créations artistiques est celui de l’attention accordée par les artistes au flux sonores :

La part du sonore dans le développement sensoriel et psychomoteur du tout petit joue un rôle primordial dans la construction de ses repères dans l’espace et dans le temps. 

Le très jeune enfant est particulièrement sensible à la sonorité d’une voix, d’un bruit, d’un chant.  Faire entrer le très jeune enfant dans un univers sonore qui mêle improvisations, extraits d’œuvres contemporaines ou classiques, instruments de musique et objets du quotidien ne semble pas effrayer la compagnie FA7. En créant La Maison de Lisa, la compagnie souhaitait avant tout « rentrer dans la musique » en privilégiant l’interprète et l’œuvre au didactique. Ici, encore pas vraiment une histoire le spectacle montre que la musique est un langage, un dialogue dans lequel peut s’exprimer tous les sentiments qui existent entre deux êtres humains : la colère, la timidité, l’attente, l’amour… 

Les productions de FA7 sont des créations originales où se côtoient musiques classiques, contemporaines, traditionnelles, ethniques et improvisations. 

Dans les créations de la compagnie IOTA,  pas de parole mais un univers sonore important.  La stimulation des sens est un élément important dans la démarche de recherche de la compagnie. 

Prenons l’exemple de leur dernière création Peloux et Peluchons dont le décor sonore est réalisé sur la base d’une composition à partir d’un jeu de cordes (alto et violoncelle) et de petits fragments sonores (à la manière de Cage et de son piano préparé).  Les modulations sonosres jouent un rôle important.  Pour Lieven Bayens, metteur en scène , elles influencent le comportement des enfants favorisant l'écoute et l'attention du tout petit.  Un spectacle qui veut « stimuler » par l’observation et la découverte. 

1.6        La transversalité des langages artistiques : les spectacles que j’ai pu observé se construisent autour d’un langage  théâtralisé, dansé ou musical.  On le sait, avant trois ans, l’enfant entretient avec son corps une relation très forte.  Le langage du corps est très important et c’est  à partir du corps que va se développer la communication théâtrale entre l’artiste et le tout petit en employant des images, des sons, des objets et parfois des mots (nous y reviendrons). 

Three Mothers par la compagnie Dansdesign (Norvège). A travers les voiles de leur petit nid ovale, 3 comédiennes s’approchent des tout petits : L’une chante.  Les deux autres dansent.  Le temps s’arrête.  On entre dans un monde de couleurs, de sons et de mouvements que les interprètes et le public se partagent et où la communication avec le son et le mouvement circule entre la scène et le public.

Cette transversalité des langages est bien souvent le fruit d’un travail de recherche, on peut même parler de théâtre « expériemental », notion revendiquée par Serge Marois (metteur en scène du théâtre de l’Arrière Scène à Montréal).  Il revendique cette notion d’expérimental parce que cette notion véhicule des valeurs d’aventures artistiques, de création et d’invention qui sont le propre de l’art et qu’elles concernent aussi bien l’artiste que le public.  Pour lui, le rôle de l’artiste créateur n’est-il pas de provoquer, d’interroger, d’expérimenter des formes susceptibles de toucher le public ?

L’itinéraire de Laurent Dupont est parti d'un travail de laboratoire avec de la musique, de la voix et d’une réflexion sur la preception sonore chez l’enfant.

Selon sa propre définition « on raconte par différents langages mis ensemble ».  Il n’hésite pas à mêler recherche d’expression graphique, musicale, sonore et théâtrale.  Pour chacune de ses créations, c’est en qualité de « chercheur » qu’il s’impose n’hésitant pas à y inclure ses « côtoiements » càd les personnes ou artistes qui vont selon ses propres termes avec lui « traverser » la petite enfance.

Ainsi sa dernière création  Plissons  est le fruit d’une recherche engagée dans le cadre d’un projet artistique mené en collaboration avec des artistes-plasticiens, des musiciens dans une pratique d’échanges avec des tout petits  et avec les adultes qui les accompagnent.    Plissons c’est à la fois une forme sonore et visuelle où la matière et la lumière invite à l’écoute des images et fait découvrir aux spectateur s un monde caché, le monde de l’invisible.

Photographe, Agnès Desfosses (Cie Acta), accorde une grande importance aux arts visuels.  Son regard sur la petite enfance questionne les liens entre soi et les autres, le monde et sa représentation.  L’image photographique inclut le réel tout en inscrivant une vision personnelle, un regard subjectif du réel, un art de la représentation qui s’inscrit dans le partage.

L’ensemble FA7 dont la direction artistique est assurée par Sylvain Frydman a un fonctionnement plus proche de celui d’une compagnie que de celui d’un orchestre.  L’ensemble FA7 regroupe des musiciens de haut niveau qui ont choisi la voie du spectacle pour communiquer leurs passions musicales.  Leur recherche touche toutes les formes que peut prendre la théâtralisation de la musique et mêle intimement son, mot, geste et lumière.  Face au tout jeune public, la Cie mêle œuvres contemporaines,  jeux musicaux et improvisations.  Au programme musical, Cage, Berio, Rebotier  mais aussi couverts, papiers d’emballages, bouteilles en plastiques,…tout est bon pour susciter et maintenir la curiosité de nos tout petits spectateurs.

La compagnie IOTA est ce que l’on pourrait appeler aussi une « compagnie laboratoire » dont les recherches prennent les chemins de la danse contemporaine, de la musique, des arts plastiques et des matériaux scéniques…  Elle aime à travailler sur la notion de concept.  « Ouverture » et « abstraction », sont deux concepts importants qui vont permettre à la compagnie de proposer des formes qui vont stimuler les fonctions sensorielles du tout petit : l’ouïe, la vue, le toucher et « la conscience de toucher » comme dans le spectacle Peloux et Peluchons

Avec leur création Sable  la toute jeune compagnie finistérienne Mélimalo propose une petite forme qui mêle le théâtre, le geste, la manipulation d’objets et la musique.  A partir d’éléments les plus simples,  le sable que l’on touche avec les doigts, avec les pieds, que l’on mouille avec l’eau et qui se travaille pour faire apparaître des petits pâtés, qu’on laisse filer entre les doigts… les deux comédiennes vont utiliser toute la concentration du corps, de la respiration et de la voix pour poser chaque geste et faire écouter les bruits, les sons, échanger des regards.

Chez Skappa aussi, le travail de création s’accompagne d’une réflexion d’ordre chorégraphique et graphique.  Avec Uccelini , Skappa met en relation le geste et l’image à travers l’action de peindre.  Dans leur dernière création Moitié Moitié, la part de l’image est très importante les images défilent derrière un comédien seul en scène, le compte devient comptine et les images s’enchaînent sur un très bel univers musical.  Comme dans les deux autres créations pour tout-petits, Skappa ! construit la narration dans un écho entre un personnage absolument terrien, le travail plastique et la musique. Les images s’impriment sur l’écran, composent une fresque, s’évanouissent, reviennent : bientôt tout un poème s’improvise, sans l’aide de mots ; un poème visuel de photos assemblées, que l’imaginaire du public interprète à sa guise. Moitié la scène, moitié le public – ainsi s’accomplit le partage.

 

1.7           Dans les spectacles « petite enfance », le texte n’est pas l’élément fondamental de la représentation.  Dans ce type de création, le texte ne serait pas le déclencheur d’émotion propre au théâtre.  Mais cela veut-il dire que les mots ne peuvent pas être présentés à ce tout jeune public ?

Françoise Gerbaulet est auteur qui écrit pour les bébés et qui a choisi une forme très ancienne de la poésie japonaise pour s’adresser à eux : les haïkus.  Graines d’étoiles sont des haïkus de la nuit à lire aux bébés.  L’enfant est tout à fait capable de s’intéresser aux mots au-delà du sens en appréciant leur musicalité, leur rythme…  C’est ainsi qu’il se construit, qu’il peut grandir et se constituer un bagage de mots, d’histoires et d’images. 

Avec son spectacle   Canto De Luna, Céline Schnepf a pris  pour fil conducteur des textes de Garcia Lorca dits en plusieurs langues dont une partie est un langage inventé.  Comme l’explique C. Schnepf : …une envie de jouer avec tous ces mots qu’on a dans la bouche ».

Plus récemment, comment aborder la question du langage, de la parole avec des touts petits est à l’origine du travail de la Cie Casa Incierta (Espagne).

Avec leur première création pour les tout petits,  Pupila de Agua, Carlos Laredo, metteur en scène, a  voulu découvrir des « endroits de langage » différents : il a crée une dramaturgie complexe avec comme fondement du spectacle une histoire, voir plusieurs histoires en même temps racontées de manières différentes. Pupila de Agua nous emmène  dans un espace blanc où deux comédiennes nous invitent à respirer à leur rythme, bercés par leurs murmures vocaux.

1.8        On pourrait également parler des thématiques rencontrées dans ces propositions :  Les parcours artistiques font très souvent le lien avec ce moment du tout début de la vie, de la naissance, souvent liées à la création du monde, à cette mémoire des origines, vers le début de la vie, de la naissance avec ses mystères et ses questionnements…les propositions artistiques de Charlotte Fallon du théâtre de la Guimbarde (Belgique), tout comme dans les propositions de Brigitte Lallier Maisonneuve ou plus récemment de la Cie Mélimalo (Finistère) on y retrouve ce travail sur les matières brutes (pierre, sable, eau,...), les sons, la construction d’un espace de vie sous les yeux des tout petits. 

Quoiqu’il en soit, la tendance qui semble commune au  spectacle vivant en direction de la petite enfance est la volonté de travailler sur des langages, des modes d’expression de manière transversale.  Les créateurs utilisent l’expression théâtrale, musicale, chorégraphique et n’hésitent pas à faire appel à d’autres modes d’expression visuel, graphique, sonore… La diversité et le métissage des formes proposées, fruit de la recherche des créateurs, constituent peu à peu un répertoire artistique à part entière.   Les spectacles petite enfance proposés sont conçus  la manière d’un voyage poétique à travers un univers artistique au sein duquel chaque enfant peut inventer sa propre histoire.  Ces spectacles sont proposés comme de parcours libres où l’enfant mais aussi l’adulte se promènent  à leur guise.  (Là où son regard s’arrête, là où le son l’attire, là où son attention l’appelle,…).

L’imaginaire et la curiosité sont les fils conducteurs de ce voyage où l’exploration prend le pas sur la parole et les mots.  La rencontre de différentes disciplines artistiques  offre aux enfants une palette sensorielle extraordinaire.  Pour l’enfant et l’adulte qui l’accompagne c’est une découverte commune, un dialogue qui s’établit à travers les sens.  

Art spécifique ? En tous cas, un art à part entière où enfant et adulte sont d'égal à égal, participant à la représentation de manière « intuitive » et non « intellectuelle ».  Un art où la notion de partage est essentielle (fonction du théâtre !) et tend à parler à tous.

Il va de soi que les artistes se sont donnés un espace d’expérimentation qui a donné naissance à de véritables créations qui interrogent et questionnent le monde.

Aujourd’hui nous l’avons dit, un grand nombre d’artistes se sont intéressés à ce type de création et les propositions de spectacles sont multiples.   Va-t-on continuer sur un renouvellement des formes artistiques ou considère-t on que  le spectacle pour tout petit est arrivé à maturité ? Pour débattre de cette question, je vais laisser la parole aux artistes présents et à Anne Françoise Cabanis qui ne manquera pas d’avoir un avis sur la question…voir de rajouter des commentaires à mon petit tour d’horizon.

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[1]           Brigitte LALLIER MAISONNEUVE, « Bébé est au spectacle » in Cultiver, éd. Eres, coll. Mille et Un bébés, 2000 ; p.45

(*) Mémoire intitulé : Spectacles Petite Enfance : phénomène de mode ou projet de société ?, DESS Management du Spectacle Vivant, Brest, octobre 2004.

 

[2]           Brigitte LALLIER MAISONNEUVE, « Bébé est au spectacle », in Cultiver, éd. Eres, coll. Mille et Un bébés, 2000.

[3]           Agnès DESFOSSES,  Cie ACTA in colloque Petite Enfance à Villiers le Bel.

[4]                 Glitterbird Art for the very young - DLD 14 octobre 2006